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Transat des Alizés 1999
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La Route des Alizés reste un des derniers espaces de liberté, réservés aux amateurs, qui répond aux aspirations d'un très grand nombre de navigateurs plaisanciers.
Cette course redonne la primauté de l'homme sur l'objet.... de l'homme sur lui-même
Traverser l'Atlantique sous le soleil avec les Alizés, sur un bateau de série en sécurité, dans une formidable ambiance et sans souci d'organisation, tel est l'objectif de cette course croisière .
Rappelons que l’expédition Transat des Alizés s’est déroulée du ler novembre au 23 décembre 1999.
Auparavant nous avions organisé une semaine de sélection comprenant une préparation technique, des tests psychologiques, des tests physiques.

7 jeunes ont été retenus.

Chacun d’eux devait présenter un projet personnel pour la période après Transat. Durant toute l’expédition, nous avons repris ce projet tous les 10 jours individuellement avec chacun des jeunes sous forme d’évaluation.

1ère partie

Du ler novembre au 27 novembre 1999.
Préparation du bateau. Le voilier Anthea étant neuf, nous avons eu pas mal de préparations qui ont duré durant plus d’une semaine.
Nous avions à disposition un autre voilier du même type pour s’exercer en mer.
Durant cette semaine nous logions à l’Auberge de Jeunesse de la Rochelle.
Pas mal de travail et de stress d’autant plus que les conditions météorologiques étaient excellentes et que nous ne pouvions toujours pas partir.
Finalement c’est le 9 novembre 1999 que nous appareillons pour traverser le golfe de Gascogne au petit matin par un vent de nord-est de force 4. Autant dire des conditions excellentes pour cette première traversée en mer dans ce redoutable golfe..
Dès la première nuit le vent forcit mais souffle toujours dans la bonne direction. Tout cela se termine en coup de vent avec des grains assez violents au Large de la Corogne. Nous décidons de ne pas nous arrêter à la Corogne et de poursuivre en faisant une halte après le Cap Finisterre. (Baie de Mouros)
Durant ce coup de vent nous constatons que notre voilier, excellent par ailleurs et superbement bien équipé, prend de l’eau env. 35 litres à l’heure, ceci par les safrans arrières.
Nous sommes Gérard et moi très contents et soulagés d’avoir pu passer ce golfe dans de bonnes conditions malgré des vent forts pour un équipage sans expérience.
Cette première étape était très importante pour la mise en route de toute l’aventure en devant maîtriser tous les problèmes et risques d’une telle expédition.
Mal de mer,, gros temps, règles de conduite à bord, harnais, sécurité dans les manœuvres de nuit sur le pont,
Préparation des repas, nettoyage du bateau.
La suite du voyage jusqu’à Lagos s’est déroulée dans des conditions excellentes pour ce mois de novembre avec des vents soutenus toujours de Nord/Est, soit les plus favorables pour ce type de bateau. C’était l’occasion aussi de visiter la Galicie espagnole et la côte portugaise avec des escales à Portosin, Porto, Lisbonne et Lagos.
A Porto nous avons pris la décision de nous séparer d’un jeune. Choix difficile mais logique compte tenu de la fragilité du jeune à rester dans un lieu cloisonné tel qu’un bateau en pleine mer. Faire du côtier aurait pu être envisageable, mais une traversée de plus de trois semaines aurait entraîné trop risques autant pour lui que pour le reste de l’équipage.
Durant toute cette partie, nous avions pas mal de petits problèmes techniques à régler et principalement la voie d’eau qui s’aggravait au fur et à mesure de notre navigation. Il fallait sortir de voilier, nous faire livrer les pièces et trouver du personnel compétent pour cette opération importante et délicate. Nous pensions pouvoir le faire à Lisbonne mais nous avons pris la décision de tenter l’opération à Lagos car nous devions présenter le voilier pour les formalités et contrôle de course une semaine avant le départ. Nous voulions aussi profiter des conditions météo qui continuaient à être excellentes.

Lagos

Nous arrivons au petit matin dans cette magnifique Marina. Tout de suite nous nous sentons observé par nos futurs concurrents mais aussi nous sommes impressionnés par quelques magnifiques unités tel que Pen Duick VI, le maxi Billy Baker, Micheal Page et quelques grands catamarans. C’est aussi l’occasion de rencontres avec les autres équipages, d’échanges, de partage de repas. Nos jeunes se prennent magnifiquement au jeu et vivent déjà cette Transat des Alizés à 100%. Ils sont aussi très fiers d’Anthéa et lancent des pronostics sur les pontons qui ne laissent aucun doute sur leur motivation.
Nous échangeons beaucoup avec l’équipage suisse d’une magnifique Goélette Gaia de l’Association Solaris qui poursuit les mêmes objectifs que la Brigantine. A leur bord se trouve aussi quelques jeunes filles du Foyer la Clairière.
Pour illustrer les nombreux échanges riches et variés entre équipage de tous horizons et de tous milieux, je vous lis ici les extraits du journal de bord écrit par le Dr. René Lebret, équipier à bord du voilier Billy Baker.
« Il est des circonstances dans la vie où…. L’on désire prolonger une occasion de se détendre et rire ensemble et le Porto blanc aidant, il fut donné, à chacun, sous des tons différents, d’affirmer haut et fort qu’il avait déjà bu de bons vins, de bon Porto mais qu’un Porto comme celui-là…jamais. Notre joie exubérante, nos affirmations bruyantes attirèrent même de jeunes suisses, des cas sociaux à qui était donné une possibilité de récupération par la Transatlantique et sans hésiter Yvan leur propose de monter à bord pour prendre un pot avec nous. Le résultat fut extraordinaire en ce sens que ces jeunes, une huitaine flattés d’être acceptés et reconnus comme des personnes à part entière, ouvrirent leur cœur, nous écoutèrent comme nous les écoutions, burent et fumèrent le cigare qui leur était offert et repartirent heureux d’avoir été compris. J’avoue avoir été réticent sur l’opportunité de les faire monter sur le bateau mais comme Jean-Claude, je reconnais ce qu’a fait Yvan était ce qu’il fallait faire ».
Chaque matin, petite réunion d’équipage où nous prenons le temps de faire le point et de se répartir les tâches à faire afin d’être au top et fin prêt le jour J.
Nous partons sur la station de Vilamoura où nous avons enfin pu trouver une grue assez puissante pour sortir le bateau et procéder à la réparation des safrans. Après multiples téléphones, fax, nous avons enfin reçu les pièces nécessaires utiles à cette dite réparation.
Ces deux jours de travail à l’extérieur de Lagos ont été bénéfiques pour la dynamique de l’équipage qui se retrouvait à nouveau seul mais ensemble. C’était aussi pour chacun l’occasion de découvrir le voilier différemment et de se l’approprier encore un peu plus.

Le départ

Dimanche 28 novembre 1999, jour J…….enfin.
Alors que le grand beau a duré toute la semaine, je suis réveillé vers 2 heures du matin par le bruit des drisses qui tapent le mât et le bruit du vent qui siffle dans les haubans.
Je suis content que les conditions météo se durcissent mais aussi un peu inquiet pour la sortie du port qui peut devenir rapidement dangereuse par fort vent du sud.
Nous quittons le port de Lagos vers 09.00 heures et effectivement à la sortir du chenal les vagues déferlent dangereusement. Chacun a pris soin de bien s’équiper. Ciré et harnais sont au goût du jour. Ceux qui voulaient du sport en ont pour leur argent. Compte tenu des conditions météo difficiles la ligne de départ a été modifiée par le Comité de course. Chrono en main nous étudions le plan d’eau, cherchant la meilleure position pour le coup de canon de départ, mais en gardant tout de même une marge de sécurité pour éviter toute collision avec d’autres concurrents.
Le départ donné nous sommes les premiers à franchir la ligne. Un vent de Sud force 7 nous pousse au largue en direction de Pointe-à-Pitre. A bord c’est le délire, excitation, chant, cris. C’est aussi le soulagement de partir enfin . Après une demi heure Pen Duick nous dépasse, suivi de Billy Baker, Michael Page et Cassiopée. Sur l’arrière nous distinguons les autres voiliers que nous nous efforçons de distancer en toilant l’Anthéa au maximum.
La Côte portugaise disparaît bientôt derrière nous et c’est l’Océan dans toute son immensité qui nous entoure. Spectacle que nous allons découvrir pendant 3 semaines, de jour de nuit par tous les temps, par tous les ciels.
Nous optons pour la route la plus courte et notre GPS avec lecture de carte instantanée nous renseigne à tout instant sur notre vitesse, la distance qu’il reste, nos moyennes et multiples autres fonctions.
Les 5 premiers jours de course sont très durs, vents forts, grains violents, orage. Nous passons Madère et nous apprenons par nos contacts quotidiens avec Monaco Radio que 16 concurrents ont dû faire escale soit à Madère ou aux Canaries suites à différents problèmes techniques ou de fatigue. A part quelques problèmes de mal de mer, l’organisation à bord se passe bien, les quarts se déroulent de jour comme de nuit, chacun participant, respectant bien le rythme, les tâches de cuisine et de nettoyage, les manœuvres à effectuer.
Nous sommes en cinquième position, position que nous espérons bien pouvoir préserver voire améliorer mais les voiliers devant sont vraiment plus rapides.
La Transat des Alizés, c’est théoriquement une Transat où le voilier est poussé vers l’Ouest, souvent sous spi, par ce vent qu’on appelle alizé et qui souffle régulièrement par force de 4 à 6 beaufort.
Et pour nos néophytes c’est l’apprentissage d’une vie avec une gîte de 30 degrés au près, durant des heures, des jours, tantôt sur tribord, tantôt sur bâbord, dans l’impossibilité de marcher droit et toujours à la recherche d’une prise où s’agripper, se reprendre 2 à 3 fois pour exécuter les gestes les plus simples, ne rien poser sans le caler sous peine de le voir valser dans le carré, à la recherche de ce qui vous manque parmi les affaires éparpillées, être projeté d’un coin à l’autre des WC, des difficultés à enfiler son ciré et son harnais avant de reprendre son quart, de préparer le repas où la tresse pour le lendemain matin. Et ceci 24 heures sur 24 de jour comme de nuit. Mais c’est aussi la joie d’une rencontre avec les dauphins ou mieux encore avec des rorquals qui ne nous quittent plus pendant deux jours. Le partage des repas au coucher se soleil. Des chansons marines que nous chantons à tue-tête.
C’est le moment privilégié du quart de nuit et le partage de longs silences sous la nuit étoilée ou l’échange sur les difficultés de la vie. Ça a été pour chacun une grande découverte sur soi-même et sur les autres. Sur son père, sa famille, son prof. Son ami disparu.
Chaque matin c’est le rite de la metéo diffusée par Monaco Radio, météo que nous enregistrons pour mieux tracer notre route. Et c’est vraiment pas l’année de l’alizé où alors, sommes nous trop au Nord. Les dépressions se succèdent. Cassiopée démâte. C’est Billy Baker qui viendra à son secours. Le vent monte jusqu à force 9 voir plus dans les grains. Le spi éclate. La mauvaise humeur du skipper s’installe. Le sommeil est difficile à trouver dans ces conditions exécrable et ce bateau qui tape….
Après une nuit d’enfer, nous constatons qu’une barre de flèche s’est brisée. Normalement le mât aurait dû tomber.
Nous apprécions une fois de plus notre téléphone satellite qui nous permet d’entrer en relation avec le fabricant qui nous guide pour la réparation. Passer plusieurs heures à 16 mètres dans le mât sur mer hachée n’est pas évident de même que de plonger de nuit pour décrocher l’écoute de génois prise dans le safran.
Le voilier reprend sa route et maintenant c’est le calme. Ca c’est le pire pour les nerfs.

Enfin l’Alizé il reste 1200 miles à parcourir, quel plaisir de filer à plus de 10 nœuds sous spi et sous le ciel étoilé.
La température est bien montée, l’eau à 27 degrés. Vive les seaux d’eau sur le pont pour faire sa toilette.
Et toujours les chansons marines. Les miles défilent, on sent la terre. Chacun est content d’arriver mais aussi un peu déçu que l’aventure se termine. Terre, c’est la Désirade, la Guadeloupe n’est plus très loin. Un dernier grain. L’accueil est fantastique, chaleureux. Pierre Zapf est aussi là. Selon la tradition tous passent à l’eau, puis c’est la fête. Nous sommes 4ème au général, ler de notre catégorie.

Et pour terminer je vais encore citer un extrait du livre de bord du Dr. Lebret pour démontrer qu’il n’y a en fait pas de différence entre un équipage de jeunes sans expérience nautique, ayant tous quelques difficultés dans la vie et un équipage d’homme murs expérimentés ayant tous de brillantes situations professionnelles.
« La détente sur le pont en surveillant discrètement les deux lignes est pour moi le moment d’essayer un parallèle entre cette expérience d’une longue course en Atlantique et celles du désert et de la montagne.
C’est un lieu où l’on se libère de tout ce qui encombre, l’esprit chargé de soucis, de l’accessoire qui nous fait oublier l’essentiel, cet essentiel qui n’est pas là où on le mettait, que l’on peut se passer de bien des choses, la radio la télé, les journaux, qu’écouter la nuit, sonder le ciel étoilé, rêver, prendre son temps, savourer tout ce qui se présente, l’amitié comme le petit plat préparé avaient énormément de prix pour qui a le cœur ouvert.
C’est le temps où tombent les masques, où chacun se trahit malgré soi et où l’on finit par apparaître en vérité.
C’est un temps d’épreuve où l’on reconnaît notre petitesse, notre insignifiance devant l’immensité de la mer et la puissance des éléments qui nous entoure et nous menace.
C’est un moyen incontournable de suspendre le cours de notre existence, de s’arrêter, de faire un bilan, de rectifier le tri dans beaucoup de directions
C’est un temps de reconnaissance, de croissance intérieure où l’esprit prend de la hauteur, où l’on reconnaît dans l’humilité sa totale dépendance vis-à-vis du créateur.
C’est un moment de l’existence où l’on peut se dépasser, corps, âme et esprit.

C’est enfin un moment de partage et j’en veux pour preuve le moment privilégié du quart où ce soir là Antoine et moi avons échangé longuement sur le roof en 22 h et minuit sur nos familles réciproques ».

« Les hommes unis à la fois par l’espoir et par l’action accèdent comme les hommes unis par l’amour à des domaines où il n’accèderaient pas seuls. » André Malraux.

Remerciements :

A la Loterie Romande
Au Service Protection de la Jeunesse, pour leur confiance
A toutes les personnes qui nous ont soutenus de près ou de loin.
Au Comité Brigantine et à Jean-Pierre Audéoud et Pierre Zapf
A la MdJ et spécialement Jean-Marc Roethlisberger
A Marie, notre vaillante stagiaire malgrè le mal de mer.
A Aude, Daniel, Cédric, Gaétan, Christophe, Jerry
A Gérard, le perfectionniste qui veut toujours faire mieux pour le bateau, le bon vivant qui apprécie bonne chaire, bon vin et cigare et qui sait le faire partager, l’éducateur exigeant et chaleureux, l’ami avec lequel j’ai eu un plaisir énorme à partager cette aventure.

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